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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:52

tisserand au métier vers 1905Le métier de tisserand n'a pas toujours eu bonne réputation, malgré la richesse qu'a produit leur travail du XV ème au XVIII ème siècle en Bretagne. En effet pendant cette période les toiles tissées se vendaient partout en Europe ainsi que dans les Amériques. Les toiles de chanvre Bretonnes et particulièrement les Olonnes de Poldavid (les toiles de Locronan) gréaient les vaisseaux de Hollande, de Grande Bretagne, d'Espagne, du Portugal et bien sûr de France. Les toiles de lin du Léon et de Quintin étaient recherchées par les Anglais ainsi que par les Espagnols et Portugais pour leurs colonies. Ce commerce produisit une grande prospérité qui permit la construction des enclos paroissiaux, l'enrichissement des ports. Elle mit en place aussi une catégorie aisée dans le Léon les "Julodeds", marchands tisserands qui n'hésitaient pas à établir des liens commerciaux très forts avec des pays étrangers par le mariage.

Malgré cela, les tisserands eux mêmes se trouvaient souvent dans des conditions de vie très précaires. Leur travailleur permettait d'acheter du fil, de nourir leur famille, et, c'est tout. Une mauvaise année, un problème de santé et c'était la misère.

En plus dans un monde dominé par la paysannerie, des hommes qui travaillent assis...

En Haute-Bretagne, ils avaient la réputation de manquer de courage, d'où une chanson, je vous la transcrit juste par honnêteté intellectuelle!! Vous imaginez bien, qu'elle ne reflète en rien le métier de tisserand aujourd'hui!!!

Bon, et bien j'y vais...

 

Les tes-si-ers sont pires que des évêques, (bis)

Car du lundi, ils font une fête,

 

Refrain:

Branlons la navette,

O gai, lon la,

Branlons la navette,

Le beau temps reviendra.

Car du lundi, ils font une fête 'bis)

Branlons la navette etc.

 

Et le mardi, ils vont voir les fillettes, (bis)

Le mercredi, ils graissent des galettes, (bis)

Le jeudi iz ont mal à la tête, (bis)

Le vendredi, ils branlent la navette, (bis)

Le samedi la toile o n'est point faite, (bis)

Allez à Loudia (Loudéac), compagnon que vous êtes, (bis)

Allez-y va vous qui êtes le maît'e

 

Je vous invite à aller visiter le blog d'Eléonore, il contient de très belles pages sur les tisserands dans les troglodytes link

 

 

  Bibliographie : Paul-Yves Sébillot, "La Bretagne et ses traditions", première édition 1968, présente édition 1998, Maisonneuve Larose, pp.99-102 pour les tisserands.

 

 

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 16:24

Le tissage est plein de rythme, la navette va et vient dans la chaine déroulant ainsi le fil de trame. A chaque passage le tissu se monte, la chaine et la trame se mèlent entre elles.

Le battant donne la cadence, il donne sa densité à la toile.

Quand le tisserand tisse, il fait sonner son métier. C'est vrai que sa musique est assez mélodieuse!

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 15:07

tisserand 3-1   

         L’intérieur était pauvre, à droite de l’entrée se trouvait le foyer, trois tabourets, une table, une paillasse, un vaisselier sans ornement, un coffre. A gauche, trônait, monumental, le métier à tisser. Le tisserand, lui, penché sur son ouvrage, se tenait dans la pénombre.

 

         Dans une cadence régulière, il faisait aller et venir sa navette. Il fallait voir avec quelle dextérité, ce petit homme lançait son outil et rabattait le fil ainsi déroulé, pour créer une toile. Le clic-clac du métier ajoutait la musique au tableau. Souvent, l’homme, entraîné par le rythme, se mettait alors à chanter des chansons que l'on a oubliées aujourd'hui.

 

         Son métier était fait de châtaigner, de cette essence, qui se trouve encore dans la haie, près de l’endroit où il vivait. Son bois était ancien, et comme l'arbre, le métier semblait enraciné, semblait sortir du sol. En son coeur, se tendaient les fils de chaîne, fils que l'homme levait et baissait en suivant les mouvements de la navette.

 

         L’endroit était humide, car la matière travaillée, le chanvre, avait besoin de cette humidité pour résister aux tractions que lui faisait subir son tissage. Pour être au plus proche du sol humide, le tisserand avait creusé une fosse qui accueillait deux pédales, et ses deux jambes, allant et venant dans ce trou, lui donnaient l’impression d’être sorti, comme son métier, de la terre.

 

         De ce mouvement régulier, naissait la toile, cette belle toile de chanvre, fruit de son labeur, remplie de sa sueur, il la caressait de ses doigts. Une fois coupée et retirée du bâti, elle partirait, vivre sa vie aérienne, tendue au mât d’un vaisseau. Elle irait gréer un fier navire de la Compagnie des Indes, elle voyagerait de port en port, de pays en pays, et rapporterait des produits dont il ignorait jusqu’au nom... Cela il le savait, mais lui, tisserand, il resterait enraciné à cette terre, dans cette terre...

 

                                                                                                                                                 Hervé

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 10:31

                                                                         Francais-12420--fol.-71--Tanaquil-tissant-2-copie-1.jpg    Français 12420, fol. 71, Tanaquil tissant     

 

 

 

           Le lanificum, le travail de la laine, faisait partie des vertus de la noble épouse à l'époque de l'Antiquité romaine. Le lanificum se situe au même niveau que les vertus morales de fidélité, discrétion, chasteté, obéissance. Il s'agissait d'un idéal, l'idéal de la matrone lanifica. Les Romains ont choisi le tissage comme la marque de fidélité de l'épouse envers son mari, en réutillisant le mythe grec de Pénélope  mais dans le but de servir leur propre idéal. 

         Tanaquil, épouse de Tarquin l'Ancien était le modèle de cette femme idéale. Elle passait pour avoir été une parfaite lanifica et elle était tisserande. On la confond avec Gaia Caecilia, déesse du mariage, dont les attributs sont le fuseau (symbole du lanificum) et les sandales (gardienne de la maison). On dit que Tanaquil/Gaia Caecilia avait elle-même tissé la  tunica recta , l'habit que portent les garçons au moment où ils prennent la toge virile, et les filles la veille de leur mariage, ce qui marque leur entrée dans le monde des adultes. Cela associe donc Tanaquil/Gaia Caecilia aux rites de passage.

 

     Français 12420, fol. 71, Tanaquil tissant détail

 

 

          Les deux se distinguent cependant. Tanaquil serait tisserande et Gaia Caecilia filandière. Tanaquil est toujours considérée comme l'image de la parfaite épouse, et donc assimilée au tissage alors que Gaia Caecilia apparait, avec son fuseau et sa quenouille, comme la déesse à laquelle se réfèrent les futures mariées. Tanaquil et Gaia Caecilia représentent alors les deux états de la femme : vierge puis épouse. Les toges tissées par Tanaquil sont à considérer comme l'aboutisssement de la laine filée par Gaia Caecilia. Le tissage, formé de plusieurs fils entrecroisés apparaît de ce fait comme le symbole de l'union, et correspond à l'image de l'épouse unie à son mari. 

 

 

 Français 12420, fol. 71, Tanaquil tissant détail2    

 

                                                                                                                                                                 MarieBé

 

 

Bibliographie : CHAMPEAUX Jacqueline et CHASSIGNET Martine (dir.). Aere perennius. Editions PU Paris-Sorbonne, coll. Roma Antiqua. 2006. 702p.                                                                                                                                                

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  • : Croisés de Lettres - Tissage et vagabondage
  • : Le croisement de deux passions a fait naître l'envie d'échanger sur les textes et le tissage, le fil et la lecture, où la trame et les mots se relient et s'entremêlent. Nous avons créé ce blog pour révéler ce lien très ancien, d'où notre titre, Croisés de Lettres. Toutes les inspirations sont les bienvenues! Une petite trace de votre passage fait toujours plaisir!
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